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   <titleStmt><title>Opening day of the great sale</title><author>Émile Zola, Au Bonheur des Dames (The Ladies’ Delight), a novel, 1883; from the Paris printing of 1895</author><editor>Hearth Interactive</editor></titleStmt>
   <publicationStmt><publisher>Hearth Library</publisher><ptr target="https://library.hearthinteractive.com/sources/ci-zola-bonheur"/></publicationStmt>
   <sourceDesc><bibl>Émile Zola, Au Bonheur des Dames, Les Rougon-Macquart (Paris: G. Charpentier et E. Fasquelle, 1895), chapter 4, pp. 103–106. First published Paris: G. Charpentier, 1883; not compared. Digital text: Internet Archive item aubonheurdesdame00zola_1 (UCLA Library copy), OCR text, extracted by code. Not yet read against the page images. Zola’s text only.</bibl></sourceDesc>
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  <profileDesc><langUsage><language ident="fr">French</language></langUsage></profileDesc>
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   <ab xml:id="x-1" n="1">Ce lundi-là, le dix octobre, un clair soleil de victoire perça les nuées grises, qui depuis une semaine assombrissaient Paris. Toute la nuit encore, il avait bruiné, une poussière d'eau dont l'humidité salissait les rues; mais, au petit jour, sous les haleines vives qui emportaient les nuages, les trottoirs s'étaient essuyés; et le ciel bleu avait une gaieté limpide de printemps.</ab>
   <ab xml:id="x-2" n="2">Aussi le Bonheur des Dames, dès huit heures, flambait-il aux rayons de ce clair soleil, dans la gloire de sa grande mise en vente des nouveautés d'hiver. Des drapeaux flottaient à la porte, des pièces de lainage battaient l'air frais du matin, animant la place Gaillon d'un vacarme de fête foraine; tandis que, sur les deux rues, les vitrines développaient des symphonies d'étalages, dont la netteté des glaces avivait encore les tons éclatants. C'était comme une débauche de couleurs, une joie de la rue qui crevait là, tout un coin de consommation largement ouvert, et où chacun pouvait aller se réjouir les yeux.</ab>
   <ab xml:id="x-3" n="3">Mais, à cette heure, il entrait peu de monde, quelques rares clientes affairées, des ménagères du voisinage, des femmes désireuses d'éviter l'écrasement de l'après-midi Derrière les étoffes qui le pavoisaient, on sentait le magasin vide, sous les armes et attendant la pratique, avec ses parquets cirés, ses comptoirs débordant de marchandises. La foule pressée du matin donnait à peine un coup d'œil aux vitrines, sans ralentir le pas. Rue Neuve-Saint-Augustin et place Gaillon, où les voitures devaient se ranger, il n'y avait encore, à neuf heures, que deux fiacres. Seuls, les habitants du quartier, les petits commerçants surtout, remués par un tel déploiement de banderoles et de panaches, formaient des groupes, sous les portes, aux coins des trottoirs, le nez levé, pleins de remarques amères.</ab>
   <ab xml:id="x-3.2" n="3.2">Ce qui les indignait, c'était, rue de la Michodière, devant le bureau du départ, une des quatre voitures que Mouret venait de lancer dans Paris : des voitures à fond vert, rechampies de jaune et de rouge, et dont les panneaux fortement vernis prenaient au soleil des éclats d'or et de pourpre. Celle-là, avec son bariolage tout neuf, écartelée du nom de la maison sur chacune de ses faces, et surmontée en outre d'une pancarte où la mise en vente du jour était annoncée, finit par s'éloigner au trot d'un cheval superbe, lorsqu'on eut achevé de l'emplir des paquets restés de la veille ; et, jusqu'au boulevard, Baudu, qui blêmissait sur le seuil du Vieil Elbeuf, la regarda rouler, promenant à travers la ville ce nom détesté du Bonheur des Dames, dans un rayonnement d'astre.</ab>
   <ab xml:id="x-4" n="4">Cependant, quelques fiacres arrivaient et prenaient la file. Chaque fois qu'une cliente se présentait, il y avait un mouvement parmi les garçons de magasin, rangés sous la haute porte, habillés d'une livrée, l'habit et le pantalon vert clair, le gilet rayé jaune et rouge. Et l'inspecteur Jouve, l'ancien capitaine retraité, était là, en redingote et en cravate blanche, avec sa décoration, comme une enseigne de vieille probité, accueillant les dames d'un air gravement poli, se penchant vers elles pour leur indiquer les rayons. Puis, elles disparaissaient dans le vestibule, changé en un salon oriental.</ab>
   <ab xml:id="x-5" n="5">Dès la porte, c'était ainsi un émerveillement, une surprise qui, toutes, les ravissait. Mouret avait eu cette idée. Le premier, il venait d'acheter dans le Levant, à des conditions excellentes, une collection de tapis anciens et de tapis neufs, de ces tapis rares que, seuls, les marchands de curiosités vendaient jusque-là, très cher; et il allait en inonder le marché, il les cédait presque à prix coûtant, en tirait simplement un décor splendide, qui devait attirer chez lui la haute clientèle de l'art. Du milieu de la place Gaillon, on apercevait ce salon oriental, fait uniquement de tapis et de portières, que des garçons avaient accrochés sous ses ordres.</ab>
   <ab xml:id="x-5.2" n="5.2">D'abord, au plafond, étaient tendus des tapis de Smyrne, dont les dessins compliqués se détachaient sur des fonds rouges. Puis, des quatre côtés, pendaient des portières : les portières de Karamanie et de Syrie, zébrées de vert, de jaune et de vermillon; les portières de Diarbékir, plus communes, rudes à la main, comme des sayons de berger; et encore des tapis pouvant servir de tentures, les longs tapis d'Hispahan, de Téhéran et de Kermancha, les tapis plus larges de Schoumaka et de Madras, floraison étrange de pivoines et de palmes, fantaisie lâchée dans le jardin du rêve.</ab>
   <ab xml:id="x-5.3" n="5.3">A terre, les tapis recommençaient, une jonchée de toisons grasses : il y avait, au centre, un tapis d'Agra, une pièce extraordinaire à fond blanc et à large bordure bleu tendre, où couraient des ornements violâtres, d'une imagination exquise; partout, ensuite, s'étalaient des merveilles, les tapis de la Mecque aux reflets de velours, les tapis de prière du Daghestan à la pointe symbolique, les tapis du Kurdistan semés de fleurs épanouies; enfin, dans un coin, un écroulement à bon marché, des tapis de Gheurdès, de Coula et de Kircheher, en tas, depuis quinze francs.</ab>
   <ab xml:id="x-5.4" n="5.4">Cette tente de pacha somptueux était meublée de fauteuils et de divans, faits avec des sacs de chameau, les uns coupés de losanges bariolés, les autres plantés de roses naïves. La Turquie, l'Arabie, la Perse, les Indes étaient là. On avait vidé les palais, dévalisé les mosquées et les bazars. L'or fauve dominait, dans l'effacement des tapis anciens, dont les teintes fanées gardaient une chaleur sombre, un fondu de fournaise éteinte, d'une belle couleur cuite de vieux maître. Et des visions d'Orient flottaient sous le luxe de cet art barbare, au milieu de l'odeur forte que les vieilles laines avaient gardée du pays de la vermine et du soleil.</ab>
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   <ab n="1" corresp="#x-1">That Monday, October 10, a bright sun broke through the gray clouds like a victory. For a week the clouds had darkened Paris. It had drizzled all night, a fine dust of water whose damp left the streets dirty. But at dawn brisk winds carried the clouds away and the sidewalks dried. The blue sky had the clear cheerfulness of spring.</ab>
   <ab n="2" corresp="#x-2">So from eight o'clock the Bonheur des Dames was blazing in the sunshine, in all the glory of its great sale of new winter goods. Flags flew at the door. Lengths of woolen cloth flapped in the cool morning air and filled the Place Gaillon with the noise of a fair. Along the two streets, the windows unfolded symphonies of displays, and the clean plate glass made their bright colors brighter still. It was an orgy of color, a joy that burst out into the street. A whole corner of the city was thrown open for buying, and anyone could come and feast their eyes.</ab>
   <ab n="3" corresp="#x-3">But at that hour few people came in: a few busy customers, housewives from the neighborhood, and women who wanted to avoid the afternoon crush. Behind the cloth that decked it like flags, you could feel that the store was empty. It stood under arms, waiting for customers, with its waxed wooden floors and its counters overflowing with goods. The morning crowd hurried past and barely glanced at the windows. On the Rue Neuve-Saint-Augustin and the Place Gaillon, where the carriages were to line up, there were still only two cabs at nine o'clock. Only the people of the neighborhood gathered in groups, in doorways and on street corners, with their noses in the air. Most were small shopkeepers, stirred up by such a show of banners and plumes, and they were full of bitter remarks.</ab>
   <ab n="3.2" corresp="#x-3.2">What made them angry was one of the four delivery wagons that Mouret had just sent out into Paris. It stood on the Rue de la Michodière, in front of the shipping office. The wagons were green, trimmed with yellow and red, and their glossy varnished panels flashed gold and purple in the sun. This one was brightly painted and brand new. The name of the store was emblazoned on each side like a coat of arms, and on top was a sign announcing the day's sale. When the last parcels from the day before had been loaded, it drove off behind a splendid trotting horse. Baudu stood in the doorway of the Vieil Elbeuf, growing pale. He watched it all the way to the boulevard, as it carried that hated name, the Bonheur des Dames, through the city, shining like a star.</ab>
   <ab n="4" corresp="#x-4">Meanwhile, a few cabs arrived and joined the line. Each time a customer appeared, the store's porters stirred. They stood in a row under the tall doorway, in livery: a light green coat and trousers and a vest striped yellow and red. Inspector Jouve, the retired army captain, was there too, in a frock coat and white tie, wearing his medal. He looked like a shop sign for old-fashioned honesty. He welcomed the ladies with grave politeness and bent toward them to point out the departments. Then they disappeared into the entrance hall, which had been turned into an Oriental salon.</ab>
   <ab n="5" corresp="#x-5">So from the doorway on, there was a wonder, a surprise that delighted every one of them. It was Mouret's idea. He was the first to do it. He had just bought a collection of old and new carpets in the Levant, on excellent terms. They were the kind of rare carpets that until then only dealers in curiosities had sold, at very high prices. Now he was going to flood the market with them. He was selling them for almost what he had paid, and using them simply for a splendid display that would draw wealthy art lovers to his store. From the middle of the Place Gaillon you could see this Oriental salon. It was made only of carpets and door curtains, which porters had hung under his orders.</ab>
   <ab n="5.2" corresp="#x-5.2">First, carpets from Smyrna were stretched across the ceiling, their complicated patterns standing out on red backgrounds. Then door curtains hung on all four sides. There were curtains from Karamania and Syria, striped with green, yellow, and vermilion, and plainer ones from Diarbékir, rough to the touch like shepherds' cloaks. There were carpets that could serve as wall hangings too: long carpets from Hispahan, Tehran, and Kermancha, and wider ones from Schoumaka and Madras. They were a strange blossoming of peonies and palms, a fantasy let loose in a garden of dreams.</ab>
   <ab n="5.3" corresp="#x-5.3">On the floor the carpets began again, a litter of thick fleeces. In the center lay a carpet from Agra, an extraordinary piece with a white ground and a wide border of soft blue, where purplish ornaments ran in exquisite designs. Everywhere else, marvels were spread out: carpets from Mecca with a velvety sheen, prayer rugs from Daghestan with their symbolic point, and carpets from Kurdistan scattered with flowers in full bloom. Last, in one corner, lay a cheap tumble of carpets from Gheurdès, Coula, and Kircheher, piled up, from fifteen francs.</ab>
   <ab n="5.4" corresp="#x-5.4">This tent for a rich pasha was furnished with armchairs and divans made from camel bags. Some had brightly colored diamonds; others were sprinkled with simple roses. Turkey, Arabia, Persia, and the Indies were all there. Palaces had been emptied, mosques and bazaars plundered. Tawny gold was the main color in the faded old carpets. Their worn tints kept a dark warmth, like a furnace gone out, the fine baked color of an old master's painting. And visions of the Orient floated in the luxury of this barbaric art, amid the strong smell the old wool still kept of the land of vermin and sun.</ab>
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